Par Catherine, 31 mai 2009, Témoignages de proches
Par Catherine, 31 mai 2009, Témoignages de proches
Ca fait 7 ans que je viens voir Fred au parloir dans toutes les prisons de France.
Par Catherine, 31 mai 2009, Témoignages de proches
Le parloir avec ma fille se passe souvent très mal. C’est pour moi un moment très dur. C’est sa deuxième incarcération. Mélanie se drogue depuis l’âge de quinze ans. Elle en aura vingt deux dans quelques jours. Elle n’a pas supporté mon divorce d’avec son père. Elle ne s’en est jamais vraiment remise.
Pour être honnête je ne sais pas ce qu’elle pense de ma venue au parloir.
Ici, elle est bourrée de cachets. A chaque fois c’est un déchirement de la voir dans cet état. Elle pique du nez quand je lui parle et me répond par onomatopées avec parfois plusieurs longues secondes de décalage entre les mots. Elle se gratte jusqu’au sang sur tout le corps.
C’est très éprouvant de voir son enfant dans un tel état de délabrement.
Je ne crois pas que la prison soit la solution à sa dépendance.
Bon, là , bien sur, le vol et tout ça elle a été un peu loin, mais tout est lié à l’addiction.
Le plus dur à avaler est lorsqu’elle me raconte les trafics de produits intra muros. C’est à peine croyable moi qui la pensais à l’abri pendant sa détention.
Le Subutex, les somnifères tous ces médicaments de substitution qui se vendent à prix d’or à l’intérieur. Je suis atterrée de constater que sa dépendance est alimentée ici par toutes sortes de produits prescrits en toute légalité. C’est presque pire qu’à l’extérieur. C’est tellement hypocrite comme système ! Je lui envoie quand même des mandats pour qu’elle ne manque de rien. Que puis je faire d’autre ?
A chaque nouveau parloir elle me demande :
-Tu m’as apporté du shit ?
-Non.
-Pourquoi ?
-Tu ne peux pas me demander ça.
Elle entre dans des colères terribles où elle me traite de tous les noms. Elle peut même être violente. Elle a d’ailleurs déjà levé la main sur moi. Mais bon, c’est ma fille et je ne peux pas la laisser tomber. Déjà que toute la famille lui a tourné le dos. Non. Vraiment je ne peux pas l’abandonner. Je me demande toujours ce que j’ai pu rater dans son éducation pour qu’elle en arrive là .
J’ai du déménager deux fois pour me rapprocher d’elle. Souvent je me demande comment j’aurais fait si matériellement je n’en avais pas eu les moyens, comme pour la majorité des femmes qui sont ici. C’est terrible quand j’y pense, toutes ces jeunes femmes sans visite, sans courrier, sans mandats dans de telles conditions. Il paraît qu’il y en a même qui se prostituent pour d’autres. C’est horrible cette promiscuité. Tellement stérile au bout du compte parce que tout cela ne résout rien.
Je ne sors plus, je ne vois plus mes amis, je ne fais plus rien. Ma vie se construit au rythme des parloirs.
Par Catherine, 31 mai 2009, Témoignages de proches
Moi j’m’appelle Karim et ça fait trois ans que je vais voir mon frère à la prison de Fresnes. Il est en taule pour un trafic de shit entre la France et l’espagne. J’te raconte pas la misère. Tu rentres là d’dans c’est les entrailles du monde. Ca gueule, ça pleure, ça pue et y’a des rats jusque dans les parloirs. T’imagine ? Une pure taule d’enculés. Ouais, j’pèse mes mots une pure taule d’enculés.
Ma mère est morte il y a huit mois et mon frangin a demandé une permission de sortie pour l’enterrement.. Il y avait droit c’est dans les textes. Ben, tu c’est c’qui z’ont répondu ces bâtards ? Y z’ont pas dit non direct, ils lui ont demandé une somme exorbitante pour assurer les frais de l’escorte de sécurité. Comme ça ils sont surs que les mecs vont pas insister pour la perm quant à eux, ils font semblant d’avoir respecté. Qui c’est qui va donner des sommes pareilles y’a qu’des pauvres en prison ! Si ça c’est pas se foutre de la gueule du monde je sais pas comment ça s’appelle. Il est là juste pour du shit imagine si c’était un terroriste.
Bon j’vais au parloir lui demander si il veut que je fasse quelque chose de particulier pour l’enterrement, les fleurs, l’organisation tout ça. Les trucs normaux quoi.
- Tu présentes mes condoléances à toute la famille qui m’dit et surtout tu leur dis que je regrette de ne pas être là . Hein ? Tu les embrasse pour moi. Il faisait le mec qu’assume mais je sentais bien qu’il prenait sur lui et qu’il avait grave les boules. T’imagine la haine que tu peux avoir ? Ta mère meurt, t’es en taule, t’es bloqué tu peux rien faire.
Le jour de l’enterrement, j’me pointe comme prévu et là toute la famille me regarde de travers comme si c’était moi ou Hakim qu’avions tuénotre mère c’était insupportable. J’suis parti en plein milieu d’la cérémonie, j’pouvais plus tenir.
Hakim l’a mal vécu et il a commencé à moins contrôler ses nerfs quand les matons lui prenaient la tête. Résultat des courses il a fait du mitard et sa date de sortie est repoussée, y’a même un psychiatre qui vient de décréter qu’il pouvait être dangereux pour lui et pour les autres alors qu’il a juste de la peine. C’est pas une taule de bâtards ça ?
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
24/04 - M.A. Mont de Marsan Mort suspecte d’un homme, âge inconnu
20/04 - C.P. Fresnes Suicide d’un homme, octogénaire, par pendaison
14/04 - C.D. Val-de-Reuil Suicide d’un homme, 30 ans
13/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, âge inconnu, mort à l’hôpital 2 jours de mort cérébrale
10/04 - M.A. Lyon - Saint Paul / Saint Joseph (MAH) Suicide d’un homme, âge inconnu
10/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, 48 ans, dans sa cellule
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Mort suspecte d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Mort suspecte d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
09/04 - C.P. Varennes-Le-Grand Suicide d’un homme, âge inconnu, dans la semaine
03/04 - C.P. Marseille - Les Baumettes Mort suspecte d’Adil belkheir, 24 ans, au quartier disciplinaire
02/04 - C.P. Caen Suicide d’un homme, âge inconnu
02/04 - M.A. Poitiers Suicide d’un homme d’une trentaine d’année par pendaison
01/04 - M.A. Lille Sequedin Suicide d’un homme, 25 ans, par pendaison au quartier disciplinaire
26/03 - C.D. d’Oermingen Suicide d’un homme, 37 ans, par pendaison
24/03 - C.P. Pontet Suicide d’un homme au quartier disciplinaire, il décède à l’hôpital
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Lyon, le 1er avril 2009
Roanne : placé au mitard malgré un risque suicidaire manifeste
La section française de l'OIP informe des faits suivants :
Une personne incarcérée au centre de détention de Roanne (Loire) a été maintenue quatre jours au quartier disciplinaire en dépit d'une fragilité psychologique patente, ayant avalé quelques jours plus tôt une lame de rasoir.
Le 26 mars 2009, la commission de discipline du centre de détention a décidé de placer F.B en cellule de discipline pour une durée de 13 jours, malgré le fait que celui-ci avait tenté de ce suicider quelques jours plus tôt. Une situation connue de l'autorité disciplinaire, puisque les pièces de la procédure rapportent que F.B. faisait état « beaucoup de problèmes familiaux » le poussant « à bout ». Il a fallu cependant attendre le 30 mars pour que la mesure soit levée, le médecin de l'établissement ayant constaté qu'elle était « de nature à compromettre la santé du détenu » selon les termes de l'article D. 251-4 du code de procédure pénale, qui impose dans ce cas la suspension du placement en cellule disciplinaire.
Interpellé par l'OIP le 27 mars au sujet de l'état de santé de F.B., la direction de la prison a confirmé que celui-ci avait, quelques jours plus tôt, « avalé une lame de rasoir », rendant nécessaire son «hospitalisation ». La direction a cependant justifié la sanction en expliquant que F.B. avait commis ce geste « pour échapper au quartier disciplinaire ». Cependant, en plus du placement pendant treize jours au mitard, la commission de discipline avait soumis F.B. à l'obligation de « suivre des soins auprès du psychiatre et des psychologues ». Selon l'avocate ayant assisté F.B. devant la commission, F.B. avait l'air « de ne pas aller bien du tout » et était « absent », ce que « les surveillants du quartier disciplinaire avaient aussi remarqué ». En outre, dans les jours qui avaient précédé, F.B. avait adressé plusieurs courriers à Louis Mermaz, sénateur de l'Isère, pour faire état de sa détresse puis de son acte auto-agressif. Sollicité le 19 mars par le parlementaire, la direction de la prison avait alors répondu que les difficultés de F.B. étaient connues et qu'il était suivi par un psychiatre.
L'OIP rappelle :
– que la Cour européenne des droits de l'homme a jugé que le placement au quartier disciplinaire d'un détenu souffrant de troubles psychiques et suicidaire avait constitué un traitement inhumain et avait violé le droit à la protection de la vie (CEDH, Renolde c/France, 16 octobre 2008). La Cour avait souligné dans cette affaire que « le placement en cellule disciplinaire isole le détenu, en le privant de visites et de toute activité, ce qui est de nature à aggraver le risque de suicide lorsqu’il existe » ;
– que la circulaire du 29 mai 1998 sur la prévention des suicides en prison met en garde les chefs d'établissement sur le fait que, « S'il est constant que certains actes auto-agressifs constituent, de la part du détenu, un moyen de pression par rapport à l'institution carcérale, il n'en demeure pas moins vrai que celui-ci, qui ne peut être présumé par l'administration, n'est pas exclusif d'une souffrance et d'un risque suicidaire sérieux. Vis à vis de l'institution pénitentiaire et plus globalement de l'institution judiciaire, l'acte auto- agressif peut être vécu comme le seul moyen de formuler une demande ou de s'opposer à l'autorité qu'elle représente » ;
– que selon le rapport Professeur Terra sur la prévention du suicide des personnes détenues, publié en décembre 2003, « les détenus dont la crise suicidaire prend le masque de l'agressivité ne peuvent pas être mis au quartier disciplinaire sans risquer d'accélérer la progression de leur détresse ». Par ailleurs, le docteur Albrand, dont le rapport commandé sur le sujet doit être remis demain, a estimé dans un document d'étape rendu public en janvier 2009 qu'il est nécessaire de diminuer le recours au quartier disciplinaire « en privilégiant des mesures alternatives à la cellule disciplinaire, mais aussi en faisant des quartiers disciplinaires des lieux d'exécution d'une sanction plus humanisée ».
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Agé de 37 ans, l'homme était en détention provisoire dans une affaire de mœurs. Il s'est pendu.
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
Un détenu de 22 ans s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule. Ce drame porterait à entre douze et quatorze, selon les sources, le nombre de suicides de détenus depuis le 1er janvier.
Dans une prison française (Reuters)
Un nouveau suicide a eu lieu en prison ce week-end. Un détenu de 22 ans s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule, a-t-on appris lundi 19 janvier de source syndicale pénitentiaire. Il purgeait une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre dans le centre pénitentiaire de Longuenesse (Pas-de-Calais), a précisé à l'AFP l'antenne régionale de l'Union fédérale autonome pénitentiaire. Son corps a été retrouvé par des surveillants vers 01h15 dimanche.
Entre 12 et 14 suicides depuis janvier
"Signalé" pour ses tendances suicidaires, il avait été placé sous "surveillance spéciale" dans une cellule qu'il partageait avec un seul co-détenu. La direction de la prison n'a souhaité faire aucun commentaire. Ce drame porterait à douze le nombre de suicides de détenus répertoriés depuis le 1er janvier, selon les chiffres l'Administration pénitentiaire (AP), à quatorze, selon les calculs de l'Observatoire international des prisons (OIP). Le 15 janvier, le directeur de l'AP, Claude d'Harcourt, avait qualifié de "situation préoccupante" le nombre de suicides dans les prisons françaises. (Avec AFP)
Par Catherine, 31 mai 2009, Videos
"Mes Chers Confrères,
Comme certains d’entre vous le savent déjà , un de mes clients est décédé le 6 janvier dernier à la Maison d'Arrêt de Villepinte.
Samir avait 24 ans et pas envie de mourir…encore moins seul en prison. Selon les premiers résultats des expertises (rapportés à la presse par une source judiciaire), il a pris une forte dose de médicaments. Nous voulons savoir pourquoi il les a pris et comment il a pu se procurer ces plaquettes de médicaments. Pour cela, nous voulons savoir, en détail et en toute transparence, ce qui s’est exactement passé durant les heures et les jours qui ont précédé le drame. Le 13 janvier, une source judiciaire a déclaré à la presse, alors que l’enquête était encore loin d’être finie, qu’il s’agissait « a priori d'un suicide » (AFP). Or, la thèse du suicide permettrait de ne pas se demander pourquoi Samir a pris les cachets. Cela permettrait de simplifier à l’extrême et d’affirmer qu’il ne supportait pas l’incarcération, qu’il était dépressif : ce que sa famille, ses amis et moi contestons fermement. Cela permettrait aussi de classer le dossier sans suite. Mais si on ne se demande pas pourquoi, rien ne changera et la mort de Samir sera vaine. Ce que nous refusons.
En tout état de cause, en attendant les résultats de l’enquête, il est de toutes façons temps de réagir face à cette hécatombe : 18 suicides et morts suspectes comptabilisés depuis le 1er janvier 2009 ! La manifestation est à l'initiative de la famille de Samir, de l'ARRPI (association de proches de détenus) et de moi même. Mais nous sommes tous concernés. Un Confrère, que je salue au passage, me disait gentiment que Samir « c’est tous notre client » ! L’Edito du bulletin du Bâtonnier de la semaine dernière titrait également : "LES PRISONS DE LA HONTE". Alors rendez-vous est donné le samedi 31 janvier 2009 à 16 heures, angle rue des gardes / rue Polonceau (Square Léon) - 75018 Paris.
PS: Merci d’apporter vos mégaphones…et une rose blanche pour ceux qui en ont l’envie/la possibilité"
Cordialement
Delphine MALAPERT Avocat à la Cour 117, boulevard Voltaire - 75011 Paris Tél.: 01.43.48.78.22 - Fax.: 01.43.48.69.02
TEMOIGNAGE DE SA SOEUR;
Par Catherine, 31 mai 2009, Suicides et morts suspectes
J’ai passé le week end à Givors à côté de Lyon avec la famille de Fakraddine Zaraï, ce jeune mort dans sa cellule, le 8 août dernier, à la prison de Saint Quentin Fallavier, dans des conditions on ne peut plus troubles.
Fakraddine était à quelques jours de sa sortie à l’issue d’une peine de huit mois durant laquelle le bracelet électronique lui avait été refusé, par la juge d’application des peines, ainsi que la libération conditionnelle au motif que le certificat d’embauche, présenté dans le dossier, venait du mari de sa sœur.
Pour précision cet homme dirige une entreprise sérieuse et florissante.
La famille qui a été prévenue 12 heures après le drame, ce qui est inacceptable, a du lutter bec et ongles, durant un mois ½ afin de récupérer les affaires personnelles de Fakraddine et pour ce faire a du faire appel au procureur de la République pour être enfin entendue.
Une enquête est actuellement en cours.
L’article D 427 du CPP pose le principe qu’en cas du décès du détenu, de maladie mettant ses jours en danger, d’accident grave ou de placement dans un établissement psychiatrique, la ' proche famille doit en être immédiatement informée'.
Une chose me semble certaine, c’est que suicide ou mort suspecte, il est intolérable qu’une personne détenue meure en prison et, qui plus est, lorsqu’elle demande à travailler ou à bénéficier du bracelet électronique.
Une marche à été organisée à Givors à laquelle se sont jointes de nombreuses personnes en soutien à la famille. A l’issue de la marche, j’ai pris la parole au nom de l’ARPPI, Association pour le Respect de Proches de Personnes Incarcérées, dont je suis la présidente.
Je me suis adressée à tous ceux et celles qui étaient présents, mais en particulier aux nombreux jeunes venus pour la terrible occasion, afin de les sensibiliser sur le fait qu’ils pourraient être un jour les prochains Fakraddine si ils se trouvaient incarcérés. A tous j’ai tenté de faire comprendre l’importance de savoir pourquoi à l’avenir ils ne voudront pas aller en prison.
Puis, pour légitimer mes paroles, je leur ai parlé de mes deux fils en prison et en particulier de Cyril qui la veille de mon départ pour Givors devait sortir en permission.
Je leur ai raconté un bout de notre histoire.
« Avant hier 13 novembre à 8 heures du matin l’épouse de Cyril qui se trouvait devant la prison de Liancourt, pour l’accueillir dés sa sortie, m’appelle affolée pour me prévenir que Cyril n’est pas sorti comme prévu parce qu’il a été transféré à l’hôpital dans la nuit.
Cette scène est carrément indescriptible tellement l’angoisse était énorme.
A ce moment précis seule l’image de la mort de Fakraddine planait devant mes yeux.
J’ai téléphoné partout et à tout le monde. Le service des urgences de l’hôpital m’a raccroché au nez, le surveillant pénitentiaire qui parlait à ma belle fille, et que j’entendais bredouiller au bout du fil, n’a pas voulu me prendre en ligneC’était l’horreur totale en ce jour qui devait être jour de fête.
J’ai fini par savoir à 10 heures 30 après deux heures et demie d’angoisse que Cyril était vivant et qu’il avait été enchaîné comme une bête à un lit d’hôpital alors qu’il aurait du être en permission. Et pourtant, Cyril qui a fini par sortir après avoir signé une décharge et avec des heures de retard et bien que la juge d’application des peines ait refusé une prolongation de sa permission, m’a dit après quelques heures passées avec lui et ma petite fille, de venir vous rejoindre ici pour vous soutenir puisque je m’y étais engagée.
Puis, Nabila la sœur de Fakraddine qui avait organisé la marche et m’y avait invitée, Nadia Soltani du (collectif Belgacem) qui a également perdu son frère en prison ainsi que Karine Bergne ( Faites la lumière en détention) qui a perdu son époux, le père de sa petite fille, sont intervenues à leur tour pour interpeller les personnes présentes, en particulier les jeunes, sur le douloureux sujet du suicide en prison.
Quant au maire de Givors, qui s’était déplacé pour l’occasion, il a eu les mots justes et a rappelé avec beaucoup d’émotion dans la voix les chiffres liés au suicide en prison et la réalité du délabrement carcéral.
S’il reste très difficile de s’opposer à l’offensive sécuritaire et au discours la concernant, il y a néanmoins urgence, pour les membres de l’ARPPI et tous les acteurs de la cause carcérale, à se mobiliser pour faire évoluer les mentalités sur le sujet du suicide en prison et celui de la réinsertion.
Il est important de faire comprendre aux plus nombreux que la réinsertion n’est ni un cadeau , ni une faveur faite aux personnes détenues mais une nécessité absolue. Quant au suicide c’est l’évasion ultime qui place l’administration pénitentiaire face à un échec mais aussi toute la société en face de celui ci.
La prévention de l’un et la promotion de l’autre passent obligatoirement par le maintien des liens familiaux parce que nous, familles et proches, sommes les meilleurs garants de celles ci.
Il incombe à l’état d’assurer le suivi des actes qu’il réprime et il doit pour cela donner les moyens aux instances politiques et administratives travaillant sur la problématique carcérale afin qu’elles puissent œuvrer concrètement au maintien effectif des liens familiaux.
A ce moment seulement, familles et proches de personnes détenues pourront mettre en œuvre une aide pleine et efficace pour que nos proches incarcérés n’essaient plus d’attenter à leurs jours et puissent enfin souscrire et adhérer, durant leur détention, au contrat social en vue de leur libération.
Catherine présidente de l'A.R.P.P.I
Par Catherine, 31 mai 2009, ACCUEIL
Notre association est née à l’initiative de quelques proches de personnes détenues.
Par Catherine, 30 mai 2009, ACCUEIL
Encore une fois ce sont les familles et les proches de personnes détenues qui subissent l'arbitraire de la situation insurrectionnelle des personnels pénitentiaires.