Livre de l'Envolée "hors série"
Par Catherine, 16 novembre 2009, LIVRE
POUR EN FINIR AVEC TOUTES LES PRISONS PEINES ÉLIMINATRICES ET ISOLEMENT CARCÉRAL
LETTRES, TEXTES, ENTRETIENS 2001-2009
Pour en finir avec toutes les prisons
« Il faut utiliser la peur comme un moteur et non comme un frein à nos impulsions ; le retrait ou la lutte font partie de l’attaque.
Ce qui n’en fait plus partie, c’est la paralysie… Mourir, c’est rester à tout jamais dans la même position. Celui ou celle qui reste trop
tranquille voire immobile n’est plus en vie. »
MOUNIR, QUARTIER D’ISOLEMENT DE NANTERRE
L’Envolée s’est joint à la mobilisation nationale du mois de novembre 2009; à l’initiative de l’ARPPI pour l’abolition
des longues peines et des quartiers d’isolement. Ce n’est ni la première, ni – hélas – la dernière : les prisonniers
et prisonnières ont depuis longtemps inscrit ces deux points dans leurs listes de revendications. En 2000, juste avant
la parution de notre premier numéro, les prisonniers de la centrale de Lannemezan envoyaient aux autorités, aux
médias et au grand public le texte suivant :
« Au début des années 1980, la peine de mort est abolie. Mais depuis, à la peine de mort s’est substituée la peine de
mort lente, celle de années de pourrissement passées dans ces prisons qui deviennent de véritables tombeaux pour
emmurés vivants. Nous émettons le voeu que soient abolies les longues peines, substituts cruels à la peine de mort
et injure à notre civilisation. Nous émettons le voeu que les détenus gravement malades (sida, leucémie, sclérose en
plaques, cancers) soient libérés. Nous émettons le voeu que soient fermés ces lieux de non-droit que sont les mitards
ainsi que les quartiers d’isolement. Nous émettons le voeu d’avoir des parloirs nous permettant de recevoir nos familles
décemment. Nous émettons le voeu de pouvoir avoir droit à des relations sexuelles sans condition. Nous émettons
le voeu de bénéficier d’activités culturelles (ateliers, concerts, rencontres) ; nous crevons de ne pas pouvoir
vibrer au contact d’émotions artistiques ».
Attaquer l’existence des longues peines et des quartiers d’isolement, c’est attaquer l’ensemble du système judiciaire
et carcéral, et la société qu’il sert. La logique qui préside à la distribution de peines délirantes n’est pas le fruit des
rêves macabres de quelques juges, c’est un système d’exclusion et de répression qui enferme ceux qui refusent de
se soumettre aux lois, et qui fait peur à tous les autres. On enferme de plus en plus et pour de plus en plus longtemps
: l’allongement des peines va de pair avec la multiplication des peines dites « courtes ». Exiger la fermeture
des quartiers d’isolement revient à demander la fin de toutes les prisons : l’isolement comme fonctionnement de
toute la détention, l’isolement dans la détention, l’isolement dans l’isolement… sans ces quartiers qui sont une prison
dans la prison, il n’y a plus de prison du tout. L’isolement est même devenu la norme architecturale des nouvelles
prisons, avec l’alibi délirant de servir le bien-être et la sécurité des prisonniers ! Comment ne pas voir que les
seuls impératifs du cahier des charges des architectes sont d’ordre sécuritaire, et rien de plus. C’est autour de cette
supercherie que le pouvoir construit avec ses partenaires européens le nouvel espace judiciaire et le parc pénitentiaire
appropriés à la mise à l’écart de tous ceux qui le gênent.
Ce livre est conçu comme un hors-série de L’Envolée : l’ensemble des textes publiés provient des numéros 1 à 26
parus de 2001 à 2009. Ce sont pour la plupart des lettres de l’intérieur qui témoignent des réalités des longues peines
et des quartiers d’isolement pour les dénoncer et relatent différents mouvements d’ampleur diverse. Nous avons
choisi de les classer par thème : les longues peines, l’isolement, puis la multiplication des peines, qui participe pleinement
de ce processus, et enfin la mort en prison.
POUR SE PROCURER « PEINES ELIMINATRICES ET ISOLEMENT CARCERAL » :
Le commander à L’Envolée, 43 rue de Stalingrad, 93100 Montreuil, e-mail envoleejournal@yahoo.fr Prix de vente : 5 euros (frais d’envoi : 2 euros). Vous pouvez aussi le demander aux librairies qui distribuent le journal.



Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire